Nohemí Pérez

Nohemí Pérez est née en 1964 à Tibú, en Colombie.
Elle vit et travaille à Bogota.

La pratique multidisciplinaire de Nohemí Pérez se concentre sur la cohabitation entre l’être humain et son environnement, mettant en lumière une friction constante entre homme et nature, une relation de conflits et de tensions autour des notions de pouvoir, d’exploitation et de richesses.

A partir de l’architecture, du cinéma et de la sociologie, l’artiste propose une relecture du territoire du Catatumbo ; une région à la frontière entre la Colombie et le Vénezuéla, avec un écosystème naturel et socioculturel très particulier. De la conquête coloniale à nos jours, le Catatumbo a été le théâtre de multiples conflits qui se sont transformés pour composer une trame complexe de situations anachroniques caractéristiques de la contemporanéité latinoaméricaine. Des groupes armés illégaux, des tribus indigènes, des missionnaires évangéliques, des multinationales de l’industrie minière et des trafiquants de drogue coexistent dans cette région de jungle.

Très souvent, Nohemí Pérez utilise le fusain dans son travail comme référence à l’exploitation minière ; le charbon lui-même est également un élément récurrent, avec lequel elle rend visible l’exploitation des ressources naturelles et en même temps la violence que cela déclenche.

À partir de sa mémoire du territoire, elle en reconstruit la genèse et recueille ainsi les voix des témoins ayant vécu dans le Catatumbo. Le travail de l’artiste s’attache particulièrement à dessiner de nouvelles cartes symboliques et géographiques en relation avec les multiples réalités de cette région, lui permettant d’envisager une scène de reconstruction et de paix.

Parmi ses expositions personnelles les plus importantes, on peut citer Catatumbo, au Musée d’Art Moderne de Barranquilla, Colombie (2012); Catatumbo, NC-Arte, Bogota (2012) ; et Urbania, au Musée d’Art Moderne de Cartagena, Colombie (2003).

Nohemí Pérez a également participé à de nombreuses expositions collectives, telles que MECARÕ. L’Amazonie dans la collection Petitgas, MO.CO., Montpellier, France (2020); El círculo que faltaba, Museo de Arte Moderno de Medellín (MAMM), Colombie (2019); Fortuna. Diálogos: extracción, economía y cultura, Museo Universidad de Antioquía, Medellín, Colombie (2019); Routes and Territories, Museum of Contemporary Art Chicago (2019); Tierra de/por medio, Museo de Arte Miguel Urrutia (MAMU), Bogota (2019); 10th SIART International Biennial, La Paz, Bolivie (2018).

Ses oeuvres se trouvent dans plusieurs collections institutionnelles à travers le monde, notamment le Museum of Contemporary Art of Chicago; le Banco de la República, Bogota; la Fondation Kadist, Paris et San Francisco; ou encore la Fondation ARCO, Madrid.

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